Pour la première fois en trois ans, moins de la moitié des agences et freelances web français déclarent être en croissance.
Weglot et WP Umbrella ont publié l’édition 2025 de leur étude annuelle, qui offre cette année une lecture comparée sur trois exercices consécutifs. Voici ce que les données révèlent, chiffre par chiffre.
WordPress, IA, tarifs, acquisition, modèles économiques : cette édition couvre l’ensemble du spectre et certaines conclusions bousculent les idées reçues sur l’état du marché francophone du web.
Qui sont les répondants ?
Pour débuter, l’échantillon se compose à 64,7 % de freelances et à 35,3 % d’agences. Ce ratio reflète fidèlement la structure réelle du secteur, dominé numériquement par les indépendants.
Plus de 63 % des répondants exercent depuis plus de 5 ans : ce n’est pas un marché de nouveaux entrants. Et 86,9 % de l’activité reste concentrée sur le marché français, ce qui confirme que l’internationalisation reste l’exception dans ce secteur.
WordPress : une domination qui ne faiblit pas
Trois ans de données, et le même résultat : 90,8 % des répondants utilisent principalement WordPress, en progression par rapport aux éditions précédentes. Webflow se stabilise à 5,2 %, les autres CMS (Squarespace, Prestashop, Framer, Shopify) se partagent les 4 % restants.
Dans un secteur où l’on parle régulièrement de « mort de WordPress » ou d’essor du no-code, les données de terrain racontent autre chose. WordPress n’a pas reculé en trois ans. Il a progressé.

Les outils les plus utilisés
Les plugins et solutions tierces servent principalement à :
- Le SEO (65,4 %)
- La sécurité (47,7 %)
- La maintenance et les mises à jour (38,6 %)
- Les performances (37,9 %)
- L’analytics et le tracking (31,4 %)
Le top 5 des solutions les plus citées :
- WP Umbrella : Maintenance et monitoring (27,5 %)
- Elementor : Page builder (19,6 %)
- WP Rocket : Performance (17,6 %)
- ACF : Custom fields (15,0 %)
- Yoast SEO : SEO (14,4 %)
Ce qui reflète bien les résultats de notre Plugins Awards réalisé en fin d’année dernière et dont les résultats sont consultables directement sur notre blog : Plugins Awards 2025 : découvrez les grands gagnants élus par la communauté WordPress 🏆

Du côté hébergement, O2Switch domine avec 55,6 % des parts, devant OVH (40,6 %) et Hostinger (17,6 %). La préférence pour les acteurs français et les hébergeurs spécialisés WordPress est nette.
Un marché de petites structures artisanales
Le marché francophone du web reste structuré autour de petites équipes qui travaillent sur peu de projets par an. 94,2 % des acteurs produisent moins de 25 sites par an : signe d’un marché orienté sur la personnalisation, pas sur l’industrialisation.
Côté agences, 66,7 % comptent entre 2 et 5 employés, 18,5 % entre 6 et 10, et seulement 14,9 % dépassent les 10 personnes. Les volumes de production confirment : 65,4 % des acteurs produisent entre 1 et 10 sites par an, 28,8 % entre 11 et 25.

Le recrutement reste marginal
63 % des agences n’envisagent pas de recruter dans les 12 prochains mois. Les 37 % qui prévoient de le faire recherchent principalement des développeurs web, des experts SEO et des chefs de projet.
Ce chiffre est révélateur : le recrutement n’apparaît que dans 3,3 % des défis cités spontanément par les répondants. La priorité du secteur n’est pas de grossir, c’est de trouver des clients et d’améliorer la rentabilité.

Les freelances ne travaillent pas seuls
Près de 8 freelances sur 10 collaborent régulièrement avec d’autres professionnels. L’image du développeur isolé derrière son écran ne correspond pas à la réalité du terrain.
- 60,6 % travaillent avec d’autres freelances
- 17,2 % travaillent avec une agence
- 22,2 % seulement travaillent toujours seuls
La plupart des indépendants s’appuient sur des réseaux de compétences complémentaires pour prendre en charge des projets plus complexes sans structure agence.

La croissance s’essouffle
Pour la première fois, moins de la moitié des répondants (48,4 %) déclarent être en croissance. C’est le chiffre le plus important de cette édition, et il s’inscrit dans une tendance claire sur trois ans.
| Année | En croissance | En décroissance |
|---|---|---|
| 2023 | 60,5 % | 4,5 % |
| 2024 | 52,2 % | 8,2 % |
| 2025 | 48,4 % | 17,6 % |
En deux ans, la part des acteurs en croissance a chuté de 12 points. La part en décroissance a presque quadruplé. 34,0 % déclarent une activité stagnante, et au total 51,6 % du marché déclare une activité stable ou en recul, une majorité pour la première fois.
Ce n’est pas une crise soudaine. C’est la fin d’un cycle de croissance quasi automatique qui a caractérisé le marché entre 2020 et 2023.
Des modèles économiques encore fragiles
La récurrence reste marginale
Les revenus récurrents progressent légèrement, mais la maintenance reste rarement au cœur du modèle économique des professionnels du web français.
- 54,2 % tirent moins d’un quart de leurs revenus de la maintenance et des services récurrents
- 30,7 % entre un quart et la moitié
- 15,1 % seulement tirent plus de 50 % de leurs revenus de la récurrence
En 2023, 61,1 % des répondants tiraient moins de 20 % de leurs revenus de la récurrence. En 2025, 54,2 % en tirent moins de 25 %. La direction est bonne, mais le rythme reste lent.
La facturation hybride s’impose
La majorité des professionnels combinent désormais facturation au projet et revenus récurrents. 51,6 % adoptent un modèle hybride, devant la facturation au projet pur (25,5 %), le taux horaire (14,4 %) et le récurrent pur (8,5 %).

Un écart structurel entre agences et freelances
Les données tarifaires montrent deux marchés distincts qui coexistent sous la même étiquette « professionnel du web ».
Pour les sites vitrines, les freelances facturent majoritairement entre 1 000 € et 2 500 € (46,4 %), tandis que les agences se positionnent entre 2 501 € et 5 000 € (40,4 %). Sur l’e-commerce, l’écart se creuse : 38,1 % des agences dépassent les 10 000 € contre seulement 11,9 % des freelances. Les freelances restent sur les TPE et les budgets limités, les agences captent le mid-market et le premium.
| Agences | Site Web Vitrine | Site e-commerce |
|---|---|---|
| Moins de 1 000 € | 0,0 % | 0,0 % |
| Entre 1 000 et 2 500 € | 15,4 % | 0,0 % |
| Entre 2 501 et 5 000 € | 40,4 % | 21,4 % |
| Entre 5 001 et 10 000 € | 23,1 % | 40,5 % |
| 10 001 et 20 000 € | 15,4 % | 19,0 % |
| 20 001 € et 30 000 € | 3,8 % | 14,3 % |
| 30 001 € et 50 000 € | 0,0 % | 0,0 % |
| Plus de 50 000 € | 1,9 % | 4,8 % |
| Freelances | Site Web Vitrine | Site e-commerce |
|---|---|---|
| Moins de 1 000 € | 4,1 % | 1,2 % |
| Entre 1 000 et 2 500 € | 46,4 % | 6,0 % |
| Entre 2 501 et 5 000 € | 37,1 % | 50,0 % |
| Entre 5 001 et 10 000 € | 11,3 % | 31,0 % |
| 10 001 et 20 000 € | 1,0 % | 11,9 % |
| Plus de 20 000 € | 0,0 % | 0,0 % |
L’acquisition : le bouche-à-oreille règne toujours
Le marché dépend d’un seul canal d’acquisition. Dans un contexte de contraction, c’est un risque structurel que peu d’acteurs ont anticipé.
Le bouche-à-oreille représente 68,6 % de l’acquisition, loin devant le SEO (13,7 %), le networking (7,2 %), les plateformes freelance (3,3 %), les réseaux sociaux (2,6 %) et les appels d’offres (2,6 %).
Les acteurs qui n’ont pas construit de stratégie d’acquisition active (SEO, présence en ligne, networking) se retrouvent exposés dès que le flux de recommandations ralentit. C’est l’une des conclusions principales de l’étude : structurer l’acquisition est devenu une nécessité, pas une option.

Un marché très hexagonal
Plus de 80 % des professionnels du web français ne travaillent jamais ou rarement sur des projets à portée internationale (traduction, SEO multilingue, internationalisation de sites).
Concrètement :
- 57,5 % travaillent rarement sur des projets d’internationalisation
- 23,5 % n’en font jamais
- 19,0 % seulement en font régulièrement
Combiné avec le fait que 86,9 % de l’activité reste concentrée sur le territoire français, ce résultat confirme un marché profondément ancré dans le local. Les barrières linguistiques et culturelles jouent un rôle important dans cette faible ouverture à l’international.

Technologies, IA et GEO
L’IA : de l’expérimentation à l’usage quotidien
Une adoption qui s’accélère

En un an, l’IA est passée de l’expérimentation à l’outil de travail central pour une majorité de professionnels du web. 60,8 % des répondants l’utilisent quotidiennement en 2025, contre 52,2 % en 2024. 86,3 % l’utilisent au moins une fois par semaine.

Comment les professionnels l’utilisent
Les usages sont majoritairement techniques et rédactionnels :
- Développement / code (81,3 %)
- Rédaction de contenu (73,3 %)
- Référencement / SEO (44,0 %)
- Relation client / support (32,7 %)
- Traduction de contenu (30,0 %)
56,2 % considèrent l’IA comme un assistant indispensable, 32,0 % comme un outil parmi d’autres. 9,2 % la perçoivent comme un risque pour le métier. Seuls 2,6 % en font un argument marketing client, l’impact réel se joue en back-office.


À noter : l’impact environnemental de l’IA a été spontanément cité par plusieurs répondants dans les réponses qualitatives, alors que ce sujet n’était pas proposé dans les options.
Le GEO s’installe plus vite que prévu
Le GEO (Generative Engine Optimization), soit l’optimisation pour les moteurs de recherche génératifs comme ChatGPT, Claude ou Perplexity, progresse rapidement malgré son émergence récente.
- 39,2 % des acteurs l’ont déjà intégré dans leur pratique
- 44,4 % en ont entendu parler sans encore s’y pencher
- 16,3 % ne connaissent pas du tout le concept

Le terme GEO ne s’est popularisé que courant 2024. Près de 4 acteurs sur 10 l’expérimentent déjà. L’écart de maturité au sein du secteur est cependant réel : 60,7 % n’ont pas encore exploré le sujet.
Le télétravail : transition complète
La question du télétravail est réglée dans les agences françaises : 96,3 % fonctionnent en hybride ou full remote, dont 40,7 % en 100 % télétravail. Seulement 3,7 % travaillent uniquement en présentiel.
Le modèle hybride (55,6 %) s’impose comme la norme, avec des formules à 1 ou 3 jours de télétravail par semaine les plus courantes. Cette transition, amorcée en 2023, est aujourd’hui achevée.
Les perspectives pour 2026
Pour la première fois en trois ans d’étude, les projections négatives l’emportent sur les projections positives. 43,8 % des répondants anticipent un marché en contraction, 41,8 % le voient stable, et seulement 14,4 % anticipent une expansion.
Un écart de 30 points entre pessimistes et optimistes. En 2023, la situation était inverse.

Les 5 défis principaux du secteur
- Trouver de nouveaux clients : 76,5 %
- Augmenter la rentabilité : 71,9 %
- Suivre les évolutions techniques : 51,6 %
- Gérer la charge de travail : 49,0 %
- Fidéliser les clients : 26,8 %
Acquisition et rentabilité dominent. Le recrutement n’apparaît que dans 3,3 % des réponses. La priorité n’est pas de grandir, c’est de consolider.

Ce que cela signifie concrètement
L’édition 2025 dessine un marché plus sélectif qu’il ne l’était il y a deux ans. Voici les points à retenir.
La croissance automatique est terminée. Entre 2020 et 2023, le marché portait ses acteurs. Ce n’est plus le cas. Les professionnels qui ont structuré leur acquisition et diversifié leurs revenus s’en sortent mieux. Les autres subissent la contraction.
La récurrence reste une opportunité peu exploitée. 15,1 % des acteurs seulement tirent plus de 50 % de leurs revenus de la récurrence. Pour quiconque structure une offre de maintenance ou d’accompagnement continu, la marge de progression est réelle.
L’IA améliore la productivité, pas le chiffre d’affaires. 2,6 % seulement en font un argument commercial. L’impact se mesure en gain de temps sur le code, le contenu et le SEO, pas en nouveaux clients.
WordPress reste le socle du marché. 90,8 % après trois ans, en progression. Les alternatives peinent à s’imposer face à l’écosystème et à la communauté WordPress.
Le réseau est le premier actif. Bouche-à-oreille à 68,6 % pour l’acquisition, 8 freelances sur 10 en collaboration régulière, le capital relationnel prime sur tout le reste en 2025.
Pour retrouver l’enquête complète : L’étude Agences & Freelances Web 2025
FAQ – Questions fréquentes sur le marché des agences et freelances web en 2025
Selon l’étude Agences & Freelances 2025, 90,8 % des professionnels du web interrogés utilisent principalement WordPress, un chiffre en progression par rapport aux éditions précédentes.
Pour la première fois en trois ans, moins de la moitié des répondants (48,4 %) se déclarent en croissance. 51,6 % déclarent une activité stable ou en recul.
Le bouche-à-oreille, cité par 68,6 % des répondants. Le SEO arrive en deuxième position à 13,7 %, suivi du networking à 7,2 %.
Les freelances facturent majoritairement entre 1 000 € et 2 500 € pour un site vitrine (46,4 %). Les agences se positionnent entre 2 501 € et 5 000 € (40,4 %). Sur l’e-commerce, les tarifs sont significativement plus élevés pour les deux profils.
60,8 % en 2025, contre 52,2 % en 2024. 86,3 % l’utilisent au moins une fois par semaine.
Le GEO (Generative Engine Optimization) désigne l’optimisation pour les moteurs de recherche génératifs comme ChatGPT ou Perplexity. 39,2 % des professionnels du web l’ont déjà intégré dans leur pratique.
Source : Étude Agences & Freelances Web 2025, co-réalisée par Weglot et WP Umbrella. Réalisée auprès d’agences et freelances web en France, troisième édition consécutive.